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    NOUVEAUTE : ROMAN "LE BIFTON" DANIEL BLANCHARD ARCHER EDITION

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    " BIDOU AU MOYEN AGE"

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    ASCENSION



  • VOYAGES LITTERAIRES "LES PICHONEAUD"

     

     
     

    L’envie d’écrire en me fixant comme pivot une famille désargentée et toujours à la limite du besoin mais sans pour autant se faire assistée, n’aurait pas eu la même saveur si l’action ne se situait pas dans le département de la Creuse, lui-même, de nos jours encore en souffrance.

    Pourquoi ces choix ? D’une part, poussé au souvenir de toutes ces familles que j’ai connu, toujours à la limite du besoin, mais soucieuses de préserver leur dignité et, d’autre part, pour celui de cet incroyable département encore trop méconnu à mon sens. La richesse de la Creuse, extirpée de l’ancienne province de La Marche, se trouve non seulement par une incroyable diversité de ses paysages mais également par ses hommes dont la réputation de bâtisseur fut reconnue dans toute la France.

    Nous leur devons nos cathédrales, Richelieu sa digue de La Rochelle et le Baron Haussmann le Paris que nous connaissons aujourd’hui.

    Connaissant bien cette région pour m’y être autrefois évadé de l’axe Guéret-Aubusson afin de marcher dans ses vallons, le long de ses rivières et ses plateaux, il me vint un jour l’idée de faire une alchimie des "Pichoneaud" orphelins de la société et d’un ami, Capitaine de Gendarmerie, dont j’avais déjà narré une aventure en Sologne qui débarque dans cette belle région du Limousin pour faire face à une étrange affaire.

    Dans les Pichoneaud l’humour n’est pas absent, j’en suis incapable, mais j’ai voulu souligner la dureté de la vie pour certains, l’avidité et la cupidité pour d’autres mais également que le bonheur peut frapper à n’importe quelle porte.

    La réalité dépasse souvent la fiction, nous le savons tous.


  • LES PICHONEAUD

    EXTRAIT "LES PICHONEAUD"

     

    Antoine retire sa veste de chasse, la chaleur devient accablante et l’orée du bois est exposée plein sud dans une clarté éblouissante, il regarde le champ envahi de fleurs sauvages sur lequel vit et s’agite une foule d’insectes dans un bourdonnement permanent avant de reprendre sa progression. En apercevant le coin de pêche de Raymond il s’attarde sur la toiture affaissée de l’ancien lavoir édifié par les fermiers où les femmes venaient autrefois laver le linge en échangeant des nouvelles du cru.

    Un autre temps.

    Intrigué par la supposition du patron au restaurant il décide d’aller y jeter un œil attiré par la curiosité.

    Le vieux lavoir s’est laissé envahir par des herbes hautes qui se mêlent aux joncs et il doit le contourner pour y découvrir un sillon fraichement fait. Il sourit à l’idée que "ce bougre de Raymond a certainement vu juste" et que l’endroit est probablement un lieu de prédilection pour deux amants. Après une courte hésitation, il décide de s’y rendre et descend prudemment le talus pour entrer dans la fraiche pénombre encore effleurée par une eau claire.

    Le temps que son regard s’adapte à cette semi-obscurité il pose un regard circulaire sur le sol pavé à l’ancienne, par des galets de rivière, quand il se fige de surprise avant de ressentir un haut le cœur.

    Une femme est bien là, mais elle est couchée et semble dormir.

    En s’approchant doucement et en s’accroupissant il se rend compte que son sommeil sera profond, pour ne pas dire éternel, car sa gorge est tranchée, le sang séché s’est transformé en une ombre noire qui s’est répandue sur son chemisier pour disparaître sous le corps avant de se dessiner le long des jambes pour se fondre dans l’eau…

    - Bon sang de bonsoir !

    Lui qui n’a jamais l’occasion de se servir de son portable doit s’y reprendre à plusieurs reprises avant de joindre la brigade de gendarmerie où une voix douce et nonchalante lui répond.

    - Antoine Bredet à l’appareil, le garde-pêche, je viens de découvrir un cadavre…

    Moment de silence.

    - Commune de Juvisy le Château, au bord de la rivière, sous le bouquet d’ormes dans le vieux lavoir…

    La voix s’adresse à ses collègues avant de reprendre la communication.

    - Vous n’avez pas de meilleures précisions, parce que "le vieux lavoir", notre GPS ne va pas le prendre, déjà que Juvisy ça tient du miracle…

    Antoine convient de rejoindre la route en coupant à travers champs pour les attendre.

    C’est au moment où il débouche, exténué d’avoir trop couru qu’il aperçoit la voiture de gendarmerie qui se présente au ralenti. Le premier gendarme qui en sort, il le connait bien, c’est Lucien Berthollet un gosse d’un village voisin qui s’est fait muter ici pour retrouver un peu du pays. La Creuse, ça ne paraît pas, mais elle a son lot de nostalgiques qui répondent à l’appel des clochers comme le loup à celui des forêts.

    Le grand gaillard salue avant de porter son regard vers la ligne discrète et sombre de la rivière.

    - Bonjour, Monsieur Bredet, c’est là-bas ?

    - Oui, je viens de trouver le corps d’une femme assassinée…

    - Comment vous savez qu’elle a été assassinée ?

    - Avec la gorge ouverte ce n’est pas pour faire des vocalises !

    - C’est loin ?

    - Deux bons kilomètres à travers champs.

    L’autre gendarme fait un mouvement d’humeur.

     - Vous n’avez pas plus long et moins chiant ?

    - Dites, vous vouliez pas que je vous la livre sur le talus non plus ?

    - Bon, ça va… Vous ne l’avez pas touché j’espère ?

    Antoine a bien failli en perdre la voix.

    - Non mais, pour qui vous me prenez ?

    - Je veux dire sur place, vous n’avez touché à rien ?

    Le garde-chasse, soulagé, fait un signe négatif de la tête avec véhémence.

    - Par contre je peux vous conduire par le chemin des rives mais pour y accéder ça fait un détour de plusieurs kilomètres.

    Lucien Berthollet fait un signe entendu et l’invite à monter dans la voiture.

    Une fois sur place, force est de constater que cette femme d’une quarantaine d’années ne fera plus jamais surface.

    A l’écart de la scène, Antoine regarde les deux hommes délimiter un périmètre après avoir communiqué leurs premières constatations.

    - Vous êtes sûr de ne pas la connaître ?

    - En tout cas, elle ne me dit rien du tout… Vous n’avez qu’à regarder ses papiers.

    - Elle n’en n’a pas, pas de sac non plus et il lui manque une chaussure…

    Le second gendarme s’éloigne et ratisse du regard les bords du chemin quand soudain il lève la main en appelant. Il vient de découvrir un escarpin dont le talon est passablement abimé.

    - A cinquante mètres du lavoir, elle a été trainée, ça ne fait aucun doute…

    Antoine s’assoit sur le talus en soupirant.

    - Si ce n’est pas malheureux, un si beau brin de femme pareil…

    Lucien Berthollet se tourne vers lui pendant que son collègue continue à remonter le chemin de terre.

    - Je ne suis pas expert mais pour moi elle est morte récemment…

    - Hier peut-être ?

    - Possible, pourquoi ?

    - Parce que j’y ai surpris quelqu’un qui s’est débiné en me voyant !

    Intrigué, le gendarme se penche vers lui.

    - Racontez-moi ça…

    Alors, après quelques efforts de mémoire Antoine relate l’incident de la veille, la forme qui s’est enfuie à son approche, elle était loin et repliée sur elle-même au point qu’il ne peut dire si c’est un homme ou une femme.

    - Pas de sac à première vue…

    Le collègue revient au moment où deux autres véhicules se présentent au loin. Lucien relève sa casquette et s’éponge le front, la chaleur le fait transpirer au point de faire des auréoles sur sa chemise et d’être aveuglé par le sel de sa propre sueur.

    - Le capitaine suit, celui-là, il va regretter sa Sologne !

    Effectivement, le capitaine Roche claque sa porte avec humeur avant de s’approcher à grands pas.

    - Où il est ?

    - « Elle », c’est une femme, suivez-moi…

     Roland Roche a de l’expérience, les cadavres il connait ça, au point de se demander s’il n’en verrait pas moins en faisant carrière dans les pompes funèbres. Une fois son inspection terminée, il se redresse et s’éloigne, soucieux.

    - Pas d’identité, égorgée par une lame tranchante, la blessure est nette et précise, pas un raté dans le geste, il faut un certain savoir pour faire ça…

    L’un des gendarmes se marre.

    - Un Musulman, tiens ! L’affaire est réglée, c’est facile, on n’en n’a qu’un.

    A un second de répondre.

    - Le vieux Farid ? Il a la maladie de Parkinson !

    - C’est ballot… Il a de la chance.

    Le capitaine se retourne en les fusillant du regard.

    - Vous allez arrêter vos conneries, non ?

     





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