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    NATIONALE 7

    Tout le monde connait la chanson de « Charles Trenet » non ? Allons, un peu de mémoire "Nationale 7, il faut la prendre qu’on aille à Rome à Sète, Que l’on soit deux, trois, quatre, cinq, six ou sept, c’est une route qui fait recette", cette chanson a fait le tour de France et a été chantée par des millions de Français. Avant de partager mes souvenirs, un peu d’histoire, la Capitale des Gaules se situait à Lyon et c’est de cette ville que toutes les routes partent dans différentes directions, c’est "l’Etoile d’Agrippa", le créateur de ces voies. Voilà pour l’essentiel, à présent, laissons aller nos souvenirs des années 50 et 60 qui sont tellement poétiques, comme le montre très bien Charles Trenet.

    La route des vacances.

    Il n’y avait pas le choix, il fallait prendre la Nationale 7 ou bien commencer par la 6 et finir de toutes façons par la 7 pour aller en vacances dans le sud de la France, au soleil, ou bien comme nous pour l’Italie. Ce n’est pas pour rien que l’on appelait "la Route des Vacances" ou "la Route Bleue" qui était surtout le trajet en son extrémité longeant la côte d’Azur. Mais voilà, partir était une véritable aventure, il fallait d’abord réviser la voiture, vérifier ses niveaux d’eau, en faire une provision, idem pour l’huile, voir si la roue de secours était bonne et ça c’était le premier boulot à la tache de Papa qui veillait à ce que tout soit en ordre. Ensuite il fallait charger, les coffres d’hier n’était pas ceux d’aujourd’hui, ils étaient généralement plus petits, il fallait alors faire preuve de subtilité et d’intelligence pour le charger sans oublier des provisions au cas où et à boire, qui n’était pas moins indispensable. Voilà, tout était prêt il fallait dormir pour attendre cinq heures du matin l’heure de départ. Moi je m’endormais mes parents étaient plus nerveux, je me souviens somnolant étant dans les bras de mon père et me faire délicatement poser dans la voiture en écoutant le bruit du moteur, la route était lancée.

    Une route sans l’autoroute.

    Partir oui, ensuite il fallait rouler et ça c’était déjà un sport car il faut bien comprendre qu’il n’y avait pas les avantages d’aujourd’hui, les freins étaient à mâchoire, pas d’appuie tête, de ceinture de sécurité, de rétroviseur latéral, ni de direction assistée et encore moins d’airbag quant à la radio elle était sans cette petites pièce précieuse, l’antiparasite. Autant dire que nous roulions à l’arrache, bon, nous pouvions atteindre les 130 kms heure mais c’était dans de grande lignes droites, dégagées et le vent dans le dos. Par contre le long de la nationale il y avait des rangées de platanes, piège de dingue pour les automobilistes s’ils faisaient un écart sur cette route. Il fallait tout traverser, hameaux, villages ou villes raison pour laquelle nous partions de bonne heure en sachant que derrière nous il y avait des milliers de voitures qui se pressaient. Les routiers étaient sympas, c’est vrai, quand ils étaient trop suivis ils s’arrêtaient sur le bas-côté pour nous laisser passer, mais ça c’est une autre époque… Cette route sans autoroute était pénible, pour cause, quand nous partions pile poil à 5 heures du matin, nous arrivions à la frontière à 3h 00 bon poids, mon père fatigué et nous complètement engourdis.

    Le trajet, une aventure.

    Sur le trajet papa ne s’arrêtait pas à midi, au contraire, malgré nos estomacs il continuait de plus belle sur une route complètement dégagée. Incroyable de voir tous ces Français s’arrêter pour manger au bord de la route à midi pile, nous roulions tout en passant, regardant les gens sur des nappes ou des couvertures manger et boire, car en ce temps là on n’avait pas pris l’alcool comme tête à claque et ça consommait grave ! Bref, nous c’était l’arrêt vers 14h00 où papa cherchait un coin à l’ombre, à l’entrée d’un chemin, là nous pouvions nous installer et passer à table, enfin, nous avions les œufs durs, des tomates, du jambon ou du rôti de porc froid, du fromage, fruit et le café en thermos. Un détail, nous avions une bouteille de vin où papa n’en buvait que deux verres, grand maximum, même aujourd’hui au ballon il n’était pas sanctionné. J’ai des souvenirs en pagaille, mes grand parents assis sur la couverture de voiture, le casse-croute que "Mémé" avait préparé, les siestes avant de reprendre la route. Nationale 7, nous voilà !

    Blanchard Daniel - Porthos  

     


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    LE TEMPS

    "Le temps, le temps, Le temps et rien d’autre, Le tien le mien, Celui qu’on veut notre" oui, cette très belle chanson d’Aznavour qui fait un bon préambule à cette page. Le temps est quelque chose de silencieux, d’éphémère aussi, de mystérieux, il est là, pour nous et nous l’interprétons à notre façon. Aujourd’hui pendant que j’écris par exemple nous sommes le samedi de Pâques, toute la famille va venir, c’est un grand moment de calme où je suis seul avant la tempête et pourtant il fait gris, un gris tristounet, les rues sont désertes, qui pourra nous dire ce que sera ce temps dans deux heures et comment nous l’aurons perçu ? Personne, la météo nous étale sa science et c’est bien, mais si nous ne l’écoutions pas, si nous nous laissions bercer par l’imprévu, voilà une bonne chose. Je sais que le connaitre est utile, pour les voyages, les départs de routes, bien évidemment, mais sincèrement, autrement, pourquoi ne pas laisser notre poésie nous prendre au hasard du climat, ce serait mieux non ? Alors je jette un regard vers la fenêtre avec le regret d’avoir vu une image météo qui ne m’annonce pas d’amélioration, tant pis, je me laisse aller dans l’imaginaire d’un soleil vertueux qui pourrait égayer notre journée.

    Le temps orageux, un joli moment de suspense.

    Quand nous marchons sans autre indication que notre nez vers le ciel nous pouvons prévoir un temps de pluie ou d’orages, c’est selon les nuages, un "Cumulonimbus" ce nuage gris qui envahit les plaines est signe d’orages ou les "Cirrus" qui se déchirent, haut dans le ciel, peuvent nous prédire de la pluie dans la demi-journée. C’est un plaisir même s’ils nous poussent à t’empester de deviner quel temps nous subirons. L’orage à quelque chose de magique, quand il gronde, à défaut de trouver un abri, nous pressons le pas, quand il commence à se déverser avec de grosses gouttes tièdes qui s’écrasent sur le sol en étoiles il faut faire vite, mais quand nous ne sommes toujours pas abrités il faut enfiler en vitesse les ponchos car l’eau va se répandre avec force et les éclairs vont déchirer le ciel. J’ai des souvenirs d’orages puissants, des violents quand nous marchions dans les chemins en sous-bois ou sur les plateaux, arrivés à une grange bienfaitrice nous pouvions déposer nos affaires trempées et regarder la tempête se déchainer dehors. L’eau qui nous prend au dépourvu est vraiment un don de Dieu, nous ne sommes pas malheureux de voir la terre s’abreuver. Quand la terre s’obscurcie en pleine après-midi, que le rideau d’eau nous fait écran sur l’horizon, nous sommes assis et regardons avec des pensées variées et rêveuses, nous pensons à tout selon nos préoccupations propres tout en nous disant qu’à cet instant nous sommes bien !

    Le soleil, magnifique retour du beau temps.

    Après l’orage, le soleil, tout le monde sait ça même si c’est un peu exagéré mais l’arc en ciel toujours recherché par les regards qui l’admirent dès qu’il apparait. Il est généralement dessiné sur une surface plus sombre, souvent très beau, c’est un moment magique après la pluie et l’orage. Vient donc le soleil, quand c’est l’été c’est un moment où se partagent la satisfaction et le côté pénible, car la température qui n’a pas eu le temps de baisser est délivrée par la terre, une sorte de brume éphémère s’en dégage pour disparaitre assez vite et notre sueur reprend ses droits. Disons que c’est l’unique mauvais côté du retour du soleil, nous l’avons tous connus après des pluies et des orages trop courts. Par contre, quand nous randonnons sous le soleil, là c’est autre chose, nous marchons en profitant de la douceur des feuillages, parfois la fraicheur d’une source, c’est très agréable de pouvoir se mouvoir dans ces terres qui semblent complètement désertes où nous serions les seuls à marcher, c’est une illusion à laquelle on se prête tous, marcher en sentant notre dos chauffer, le sel de la sueur nous bruler les yeux mais qu’importe, l’aventure est là. Il est bon de faire une halte, de poser son sac et de s’allonger pour y appuyer notre tête, de prendre une gorgée d’eau tiède et de fermer les yeux pour nous reposer. Il n’y a que la nature qui se fait entendre, le bruit des milliers d’insectes qui volent, les oiseaux qui par moments lâchent de petits cris, l’odeur de la chaleur et des herbes environnantes, parfois un léger souffle chaud qui se répand sur nos chevelures mouillées, c’est ça le soleil. Son disque d’or qui brille dans le ciel d’azur est d’une beauté parfaite.

    Voilà "Le temps qui court et celui qui gronde" pour reprendre la chanson. Nous sommes tous prisonniers de nos rêves et de nos impressions, le temps y a sa large part, laissons-nous le deviner, il n’en sera que plus agréable, croyez-moi.

    Blanchard Daniel - Porthos  


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    LA PLUIE

     

    Je pense que ceux qui me connaissent savent que je suis un grand romantique, un homme qui ne manque pas de sensibilité, parfois j’en ai un peu trop mais on ne se refait pas, je suis comme ça. C’est la raison pour laquelle si j’aime le beau temps, les petits matins froids, la neige, j’aime surtout la pluie. Oui, la pluie est pour moi une amie, celle avec qui je m’entends le mieux, à qui je peux faire mes confidences et partager mes pensées, je dirais que je les aime toutes, même les plus folles.

    Que de souvenirs sous la pluie, seul ou à plusieurs.

    Là où elle est très avantageuse c’est quand nous pouvons l’écouter, sous la toile par exemple quand elle frappe par ses impacts qui s’étiolent et que vous êtes au chaud sous votre duvet. Vous écoutez avant de vous endormir, personne ne dort encore autour de vous mais tous se font silencieux, c’est une musique qui nous chante aux oreilles le temps de pause, celui de la réflexion. Certes, quand elle nous surprend en marchant ce n’est pas drôle, mais en vérité c’est de notre faute, trop préoccupé à faire un pas devant l’autre nous en avons oublié le ciel et c’est lui qui nous donne l’information, il nous dit attention, averse, mais voilà, nous sommes pris au piège et rien pour nous abriter. Alors nous mettons nos "Pancho" et reprenons nos sacs. Là c’est sur nous que tombent les gouttes, de plus en plus vite et je repense aux manches qui commencent à nous mouiller les poignets, les mains, l’eau s’infiltre avec l’aide du vent dans le cou mais malgré tout nous marchons et c’est un bonheur que de voir l’horizon devenir plus flou, plus mystérieux, jusqu’au moment où nous trouvons enfin un endroit où nous pouvons nous réfugier. Une grange, une ferme, où nous pouvons nous déshabiller pour respirer à pleins poumons cette odeur tiède, celle de l’herbe et de la terre.

    Je me souviens d’une grange avec ses deux portes ouvertes, nous respirions l’odeur du foin et nous regardions l’orage se déchainer dehors, les éclairs terribles semblaient ne plus en finir. Comme quand nous étions dans une ferme en ruine, les éclairs illuminaient la pièce par l’ouverture des fenêtres sans volet. Ou bien une nuit où, surpris par une ondée soudaine, nous avons du nous réfugier en lisière d’un plan de vigne en nous recouvrant d’un tapis de sol, ça ce n’était pas une bonne idée, le lendemain nous étions aussi trempés qu’à l’extérieur. Mais il y a les pluies plus romantiques, au château des Hirondelles des Coutures par exemple où je regardais de la fenêtre d’une tourelle la pluie tombée, mon signe de piste dans la main, oui, j’étais bien et je voulais qu’elle ne cesse jamais. Dans les chemins creux, en automne, chaudement vêtu je marchais sous cette pluie légère, sur un tapis épais et ouaté, "les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle" comme le chante si bien Yves Montant. Je regarde ces feuillages qui se dénudent avec ces gouttes qui se versent sur les feuilles blessées, l’atmosphère est légère et fraiche, l’air sent bon, je suis un homme heureux de cette promenade. La pluie sur l’eau, quand je regarde les mares se voiler doucement sous les impacts qui font des ronds s’élargissant, puis qui s’activent et tombent avec plus de précipitation, il y a le bruit des chocs qui se multiplient, seuls quelques canards osent défier le temps, la poule d’eau reste dans son nid et les oiseaux gonflés de leurs plumes attendent sur les branches. La pluie est belle.

    Il y a aussi les promenades à deux, en amoureux, quoi de plus beau que de tenir une main en se blottissant l’un contre l’autre quand nous entendons la pluie frapper nos capuches, le parapluie ou bien les feuilles sous l’arbre où nous nous abritons. J’en revois des regards échangés, des baisés, et nos yeux qui fixent l’environnement brouillé par le rideau d’eau. Il y a parfois un écureuil qui court se mettre dans son nid, ils sont amusants, grimpent aux arbres avec rapidité pour disparaitre dans les feuillages. Je revois à Fontainebleau des sangliers qui restent figés, surpris, heureux ou pas je n’en sais rien mais leurs petits se rassemblent contre eux, sous eux. Ou bien en Normandie où un lapin me regarde enfoui sous un bosquet, nous restons l’un et l’autre figés par nos regards, il n’a pas peur et moi non plus, cela va de soi. Enfin, une fois je me suis réfugié avec quelques vaches sous un abri qu’il leur était destiné, elles m’ont accepté, me regardant occasionnellement, peut être avec amusement. Il y a aussi les greniers, là où je vais me réfugier quand l’averse est trop forte, en Auvergne par exemple, j’ouvre la fenêtre pour écouter l’eau couler avec force, je prends un livre et c’est parti pour une aventure. Oui, j’aime vraiment cette pluie qui m’apporte tout son soutien surtout quand j’ai le cœur en peine.

     

    Blanchard Daniel - Porthos 

     


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    BONBEC

    Les Bonbecs, voilà un truc qui a nourri ma jeunesse. Le Bonbec en argot ou bien Bonbon en langage français a toujours été l’attirance des enfants qui n’avaient ni tablette, ni console et ni télévision. Oui, il y a eu une époque récente avec l’abstinence de tout ça. C’est donc le Bonbec que nous allions acheter avec un petit restant de monnaie des courses ou une pièce de 10 ou de 20 centimes que nous donnaient nos parents. La série de bonbons que vous avions était malgré tout assez importante, nous pouvions choisir, il y en avait pour toutes les bourses nous n’avions qu’a choisir en hésitant devant les blocs de verre de la commerçante puis ensuite nous allions les déguster en allant jouer ou en nous rendant à l’école. Quand par malheur nous n’avions que 4 ou 5 centimes dans la poche nous pouvions tous acheter des petits "caramels" à un centime pièce, franchement, de nos jours est-ce encore possible ? Non, hélas.

    La petite marchande de l’école.

    C’était un petit magasin à l’angle d’une rue, à quelques pas de l’école, les enfants s’y ruaient avant la rentrée des classes ou bien à sa sortie, c’était un petit commerce qui marchait fort et que je fréquentais comme mes voisins de classe. Nous avions bien évidemment les "caramels" à un centime, les "boules de Coco", les "réglisses", les "plaquettes réglisse" aussi, les "boules de gomme", les "bonbons à la fraise", les "carambars", les "bâtons de réglisse" ou bien les "chewing-gum" sous différentes formes, les "Roudoudou", les "pastilles Vichy" pour ne citer que ceux-là. J’ai donc connu cette petite boutique jusqu’à la fin de ma scolarité dans cette école soit à 14 ans révolu.

    Les gouts peuvent changer avec l’âge.

    J’ai remarqué que je quittais certains gouts pour me porter sur d’autres, plus raffinées. Certes, j’avais toujours une préférence pour les "marrons chauds" d’hiver ou bien les "marrons glacés" tout aussi bien pour la "barbe à papa" mais hormis ceux-là, le reste allait à l’abandon et je regardais avec amusement les jeunes enfants s’en délecter. Non, si j’étais toujours "pastille Vichy" je me portais plus sur de véritables friandises, bonnes et sucrées comme les "dragées de Verdun", les "pâtes de fruits", les "nougats de Montélimar" les "Berlingots de Nantes" ou les "bêtises de Cambrai", il faut croire que les gouts se développent avec le temps, là j’en avais pour plus cher mais ça devenait une passion.

    L’appellation elle-même.

    Il n’y a pas d’origine pour moi qui est connue, enfin pas vraiment, en vérité du "Bon Bon" fait son apparition au 12ème siècle par la répétition de "Bon" confirmé plus tard avec l’enfance de Louis XIII en 1640 comme quelque chose de bon à manger et c’est devenu le Bonbon, tous simplement. De plus, concernant l’habitude en langue française de mettre un "m" devant un "p" ou un "b" cela ne s’applique pas car il vient simplement du langage enfantin et d’un double du mot "bon" puisqu’il semble que lorsque l’on demande à un enfant si c’est bon il nous répond "c’est bon bon" donc notre langue par cet usage en a fait son orthographe sans y mettre de "m" à ce mot.

    Les bonbecs.

    Mais l’argot entre en lice, pas loin du XIIème ou XIIIème également car le peuple savait adapter les mots usuels et Bonbon est devenu "Bonbec". Avec le temps ce bon à manger s’est précisé avec les friandises sucrées qui bien évidemment ne pouvaient plus s’adapter aux friandises de la Boulangerie ou de la Pâtisserie qui se résume en gâteau. Un petit détail sur la variante du Bonbon, toujours en argot mais cette fois avec le nom propre, "je me gèle les bonbons" ou "j’ai les Bonbons qui font des bonds", bref ça ce sont des expressions populaires qui n’ont rien, du moins pour l’homme normal, d’une confiserie.

    Blanchard Daniel - Porthos

     


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  • PRINTEMPS

     AU REVOIR L’HIVER

    Nous voici au premier temps, le printemps. L’hiver se glisse derrière nous gentiment, attention, il n’a pas dit son dernier mot surtout que ses températures ont été particulièrement clémentes cette année. Je suis sur un chemin de garrigue, je marche dans le sous-bois de chênes verts, ce sont de petits arbres trapus qui conservent leur verdure, le soleil est voilé par une brume grise et je n’entends rien, absolument rien, tout semble doux et monotone.

    Ce début de printemps nous réserve quelques surprises, au renouveau de la nature par le bourgeonnement et la floraison après ces fontes de neige, que nous n’avons pas connues dans le sud, il y a le retour des oiseaux migrateurs et la fin de l’hibernation d’autres espèces. Nous n’avons pas cette mentalité de nos voisins américains qui traitent, le mot n’est pas fort, cette saison de "Saison de la Boue". Certes, s’il y a des pluies régulières nous y trouvons quand même de bons côtés, l’eau qui tombe n’est-elle pas propice au romantisme ? Quand nous regardons ces ruisseaux éphémères qui serpentent sur nos chemins pour se jeter dans un ru, n’est-ce pas beau ? Je sais, je vois facilement les voix du Seigneur en toutes choses mais il faut bien avouer que la boue n’est pas mon premier souci.

    Justement le ciel se couvre un peu plus et je sens les premières gouttes, je me promène en remontant ma fermeture éclair quand un lapin me fait sursauter, il vient de croiser ma route, surpris, il s’enfuit rapidement dans les buissons. C’est aussi ça le printemps les animaux qui savourent ce changement de temps et qui respire la liberté. Mon regard s’émerveille devant ce tableau fait par notre créateur, ici, nul dessinateur ou peintre, c’est la nature qui est à l’origine de cette beauté et j’observe les oiseaux qui se faufilent dans les branches pour éviter la pluie. Cette fois ça tombe bien, trop bien pour durer du reste, je m’abrite sous un arbre épais et attend silencieusement. Un air, à l’odeur de terre, embaume mon environnement, les gouttes qui s’étiolaient ne sont plus, tout est trempé, l’eau descend tranquillement le chemin je la suis du regard, elle disparait dans un fossé qui continue son écoulement avec un bruit de clapotis.

    Une Fauvette bat des ailes, elle fait une danse amoureuse sur un rocher et semble appeler la femelle « Alors tu viens, c’est le printemps ! ». Je m’amuse de la voir et n’ose bouger de peur de l’effrayer. Un peu plus loin au creux de roches grises je vois un joli bouquet d’une multitude de fleurs claires c’est une bruyère arborescente, elle fait partie de ces floraisons précoces, comme l’abricotier et ses fleurs blanches, l’amandier et ses jolies fleurs rosâtres ou le cerisier et ses fleurs roses. Oui c’est une belle saison et je comprends l’arrivée de ces oiseaux migrateurs qui viennent se reposer et se restaurer dans notre joli pays. Nous n’en connaissons que les cigognes ou les hirondelles mais il y en a tant d’autres, étourneaux, bernaches à cou roux, bergeronnette, grives et grues et bien d’autres encore qui viennent embellir nos champs et nos rivières. La pluie a cessé, ce qui ne m’étonne pas, en cette saison c’est courant.

    Je continue mon chemin, c’est bientôt la maison, une location que j’ai pris avec ma femme, une gentille maison en pierre au toit légèrement affaissé avec le temps. Un bon feu de cheminée m’attend, voilà qui est agréable car si le soleil me réchauffe une autre pluie me fera frissonner. Je regarde cette grande étendue qui s’étend face à moi, au loin je vois des chevreuils, qu’ici ils appellent "chevrettes" ce qui n’est pas juste pour celui qui porte des cornes ! Il me regarde et s’éloigne sans se presser, les Cévennes s’offrent à moi, une multitude de sommets se profile sur le fond, le vert est beau, quelques arbres encore décharnés voient leurs branches s’épaissir de bourgeons. Cette fois j’arrive à la maison, je vois la cheminée dégager un sillon de fumée qui monte vers le ciel, mon bien être sera complet dans quelques minutes. Le soleil de retour tape fort, comme pour se rattraper mais le ciel est en partie couvert, je pose mes bottes et entre.

    Ma femme m’a fait chauffer un bon café, je m’installe devant la cheminée où le bois crépite rongé par les flammes puis bois mon breuvage à petites gorgées. Ma femme me demande si ma promenade était bonne, je lui réponds qu’elle était "Printanière" et magnifique. J’aime cette saison.

    Blanchard Daniel - Porthos

    PRINTEMPS


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