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LES BONBECS

 

LES BONBECS


 

- « T’as pas un bonbec ? »

Combien de fois ne l’ai-je pas entendu ou prononcer dans ma jeunesse ? Le "bonbec" c’était dans le langage des écoliers le "bonbon", tout simplement.

Dans mon quartier si ce n’était pas une denrée rare, n’exagérons rien, ce n’était pas toujours facilement accessible. Il n’était pas question en ce temps-là d’hygiène alimentaire, on ne s’emmerdait pas avec ça, ni de diabète ou de caries dentaires mais "un sou c’était un sou" pour reprendre l’expression de l’époque. On avait parfois généreusement une pièce de 20 centimes qui était l’équivalent d’un litre de lait pour nous planter le nez devant les merveilles colorées de "la marchande de bonbons".

Le choix était toujours difficile.

Car il y en avait des variétés comme ces petites boules de Gum multicolores à 5 centimes, des caramels à 1 centime, fort pratique pour faire l’appoint ou liquider sa monnaie, par contre ça se compliquait avec le bâton de réglisse à 10 centimes tout comme la boule de coco, dans ces cas-là, on tapait dans le budget ! Mais  le choix ne s’arrêtait pas seulement à ça, nous avions les Roudoudous, petits coquillages qui se suçaient, les  boites dites "de coco" qu’on enfournait dans la  bouche, emballage compris, l’astuce consistait à écraser légèrement le bord pour faire une infime ouverture et la salive faisait le reste. Quand on avait un bon copain on la lui refilait pour qu’il la termine, c’est franchement dégueulasse mais en ce temps-là  on se passait bien nos chewing-gum usés jusqu’à la corde…

Nous n’en sommes pas tombés malades et encore moins morts pour autant.

Restait la gamme à 5 centimes comme le Carambar avec ses blagues imprimées à l’intérieur de l’emballage, les rouleaux de réglisse et les plaquettes de Zan pour 10 centimes, et les petits sachets de car dont je ne me souviens plus du prix. En général, avec une pièce de 20 centimes on se sortait entre deux et quatre bonbecs et ça faisait la rue Michèle !

Je me souviens de l’astucieuse marchande qui avait monté une petite boutique grande comme un placard devant mon école, pour elle, chaque rentrée, le matin ou à midi, parfois à la sortie du soir, c’était à guichet fermé ! Nous étions je ne sais combien de  centaines de garçons à l’assaillir et, curieusement, avec le recul je constate que les filles n’y allaient pratiquement pas ou alors, accompagnées.

C’était le temps où les bistrots faisaient fortune avec les pères et les confiseries avec leurs enfants.

Une particularité, souvent offerte par les parents, les boîtes vertes de "Pastilles Valda" moins coûteuses que "les pastilles Vichy" mais dont la réputation n’était plus à faire pour le mal de gorge et surtout pour que les filles puissent jouer à la marelle.

Nous avions quand même de quoi nous sucrer les papilles.

Maintenant il y avait le plus haut de gamme,  "La pie qui chante", "les Caramels Dupont d’Isigny", "La Vosgienne" à la sève des pins ou "les Anis de Flavigny", mais ça c’était hors de notre bourse ou de celle de nos parents sauf pour les grandes occasions, voir lors de visites d’amis ou de gens de la famille, c'était donc exceptionnel, on était là dans le "Number one" de la douceur !

Justement, en voilà une autre de douceur, celle de tous ces souvenirs.

 

Daniel Blanchard - Porthos

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