Par editions
La source
Voyez la forêt profonde,
Au secret de sa pénombre,
D'un mystérieux sous-bois sombre,
Coule la clarté d'une onde.
C'est une source naissante,
Eau douce, désaltérante,
Qui s'évade, court, chantante,
Douce plainte émouvante.
Elle désaltère les chênes,
Châtaigniers, sapins et frênes,
Rafraîchit les pousses frêles,
Des bois, elle en est la veine.
Sa ligne de vie argentée,
En une course effrénée,
S'étire pour franchir l'orée,
Rejoindre l'horizon doré.
Liberté d'un long voyage,
Par l'errance en herbage,
Aventurière sauvage,
Joignant un nouveau rivage.
L'Etang où, en toutes saisons,
On y pêche de beaux poissons,
Carpes, lottes ou bien gardons,
Qui prolifèrent en ses fonds.

Gustave COURBET (1809 - 1877)
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